Dossier : Belle Rive, actrice de la vie de la cité ?

Belle Rive, association d’habitants : de la théorie d’un projet social à la pratique au service de la cité.

L’association Belle Rive serait-elle une boîte à outils à la disposition de qui veut s’en servir, sous réserve d’accepter les règles du jeu ? Règles élaborées en commun, librement consenties et réinventées en permanence par toutes et tous, pour aboutir à des activités collectives.
Belle question à laquelle les expériences présentées ci-dessous proposent des éléments de réponse.
L’association Belle Rive n’est pas « hors-sol », chaque personne qui y adhère arrive avec sa culture, quelle qu’elle soit, sa façon d’habiter, de vivre la ville.
La somme de ces ressources individuelles constitue, parfois même sans que cela soit dit, une richesse collective dont nous nous apercevons qu’elle vient agrémenter, améliorer, éclairer la vie d’un quartier, de la ville.

Accueillir pour que chacun invente et trouve sa place

Belle Rive pourrait presque se résumer en un seul mot : l’accueil.
Une porte ouverte que chacune et chacun peut franchir, sans distinction d’âge, de genre, de milieu social, d’origine, et sans risque de se voir jugé en quoi que ce soit. On n’y vend rien, on n’y rend pas d’autre service que celui d’offrir, avec le sourire de la bienveillance et à qui en a envie ou besoin, la possibilité de trouver et d’inventer sa place.Et une fois passé le seuil, toutes et tous ont la certitude d’être écoutés et de rencontrer «l’autre», les autres avec qui entreprendre de réaliser ses rêves, de bâtir un projet commun.
Une cité idéale en miniature, ancrée dans la cité qui l’entoure, dont elle est un organe de vie, une source de chaleur, un phare.
Un lieu où on s’autorise à affronter ses peurs, celle de côtoyer l’autre que l’on ne connait pas, celle d’être mal vu, celle de ne pas savoir comment faire, celle ne pas être à sa place.
C’est donc ça, un lieu d’accueil selon Belle Rive.

Voyage des saveurs

Préparer, partager un repas : l’occasion rêvée pour se rencontrer, parler, apprendre à se connaître.
Devant les fourneaux puis autour de la table, la conversation dans un cadre convivial permet à chacune et à chacun de donner un avis, le confronter paisiblement à celui des autres.
Les plats concoctés dans la bonne humeur racontent des cultures différentes, venues de plus ou moins loin. Ils suscitent et aiguisent la curiosité. En toute simplicité c’est découvrir d’autres saveurs, d’autres épices et condiments, d’autres façons de les accommoder, qui racontent le lointain, l’inconnu, grâce aux personnes qui les apportent comme des offrandes.
C’est, sans s’en faire (ou en en faisant ?) tout un monde, accepter l’autre dans l’étendue de sa différence, l’apprentissage en douceur de la tolérance : tu n’es pas moi, je te prends comme tu es, comme tu arrives, avec le contenu de ton sac à dos. Je m’émerveille de tous ces trésors déballés, présentés, offerts à mes sens chatouillés, stimulés.
Plus largement, c’est prendre en compte que la ville, la cité où je vis, où je prends ma place, me permet de considérer l’autre, les autres, voisins d’ici et d’ailleurs. Elle est un kaléidoscope, une mosaïque de toutes les couleurs dont je suis une pièce parmi les autres.
Et ce grâce au couscous, aux nems, aux mojettes, à la feijoada, aux frites et à la pizza…

L’ouverture culturelle : un des nombreux leviers de Belle
Rive pour réhabiliter la notion du commun

Pour prendre leur place dans la vie de la cité, des habitants développent avec Belle Rive de nombreux projets collectifs. Belle Rive est de Sortie est l’un de ces projets. Il s’agit d’aller à la rencontre des arts et de la culture sous toutes leurs formes. Le choix des sorties est fait collectivement. Pas moins important que les sorties, les échanges qui s’en suivent nourrissent la vie du groupe.
Sortir de l’isolement, rencontrer d’autres personnes, découvrir ensemble des lieux, des spectacles, des expositions permet au groupe de s’ouvrir sur la cité, aide ses participants à ne plus subir l’indifférence d’une société fragmentée.

En témoignent les paroles de Martine, adhérente à Belle Rive : « combattre les à priori c’est dur, ils sont parfois tellement ancrés… pousser une porte c’est plus facile à plusieurs ». À Belle Rive, c’est grâce au collectif que les personnes deviennent actrices de leurs choix et de leurs envies.
Lors des assises de la citoyenneté à Rennes en 2018, Axel Khan soulignait que « vivre ensemble, cela n’est pas persister ensemble, vivre côte à côte. Vivre ensemble c’est réhabiliter la notion du commun ».
Ainsi, Belle Rive participe à la construction de ce vivre en commun.

Docs en Rive : s’informer et agir

Présenter des films documentaires en dehors des lieux habituels pour toucher un autre public, à partir de thèmes choisis collectivement (parentalité, urgence climatique, bien vivre sa vieillesse…), mettre en avant des expériences vécues, des initiatives méconnues, tel est le projet du groupe Docs en Rive constitué d’habitants de Saintes et ses alentours.
Proposer un lieu d’échange dans une ambiance conviviale, favoriser la prise de parole, inviter pour étayer un sujet, une personne en lien avec le thème (une médiatrice familiale, un migrant pour son témoignage, un responsable de la Fédération départementale apicole qui veille à la préservation des abeilles…), autant de facteurs qui concourent à la prise de conscience et peuvent susciter un éventuel passage à l’action.
À Belle Rive, nous sommes convaincus que transmettre, faire un pas de côté ou en avant vers une compréhension du monde qui nous entoure, contribue à ce que chacune et chacun prenne sa place dans la vie de la cité.

La gouvernance au service de la communauté d’habitants

La gouvernance associative a été pensée selon plusieurs principes liés entre eux.

  • Premier principe : puisque les administrateurs sont impliqués dans des projets d’habitants, ils connaissent les réalités de Belle Rive.
  • Deuxième principe : le renouvellement des administrateurs au sein des instances de Belle Rive (comité de projets, comité de gestion, conseil de centre) est facilité : les membres du comité de projet sont réélus tous les ans et ceux du comité de gestion tous les trois ans. De ce fait, le système associatif reste ouvert et s’enrichit en permanence de la diversité de ses participants.
  • Troisième principe : la coopération habitants / salariés est essentielle. Le savoir issu de l’expérience des habitants administrateurs est complémentaire à celui, technique, des salariés. De cette complémentarité naît la cohérence de mise en œuvre du projet social.
  • Quatrième principe : le projet social de l’association est revisité tous les quatre ans en associant les habitants, les partenaires et les salariés. Il dessine la feuille de route que Belle Rive s’engage à suivre jusqu’à la prochaine étape.
  • Cinquième principe : pour mettre en œuvre toute l’étendue de son projet, Belle Rive s’associe avec de nombreux acteurs de la vie de la cité dans les domaines éducatif, social, culturel, économique…

Avec l’ensemble de ces principes, les élus de l’association Belle Rive contribuent, en coopération avec les salariés et les partenaires, à mettre en œuvre les projets des habitants du territoire.
Ce fonctionnement démocratique vise à améliorer la vie de la cité.

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